Courreges

Année de création : 1961
Famille de produits : Parfum

Courrèges fait partie de ces quelques marques françaisses qui possèdent une identité forte et un univers propre. Née grâce à André Courrèges, la maison est aujourd'hui reprise par Jacques Bungert et Frédéric Torloting qui ont su perdurer l'essence même de Courrèges, à travers les décennies.

Il faut savoir qu'à partir de la fin des années 50, le monde de la mode est en plein bouleversement. Dior se voit dirigée par Marc Bohan, un jeune couturier qui a fait ses armes dans le prêt-à-porter ; prêt-à-porter qui prend de plus en plus d'ampleur et commence à faire de l'ombre à la haute-couture (d'où la naissance de Saint Laurent Rive Gauche en 1966). Parallèlement, la mode futuriste fait son entrée avec notamment Pierre Cardin et sa fameuse ligne "Cosmonaute", au début des années 60. Peu à peu, le pantalon s'installe dans la garde-robe des femmes - comme l'avait bel et bien prédit Emilio Pucci - tout comme la minijupe de Mary Quant. Bye bye les bas et porte-jarretelles et bonjour les collants. C'est l'époque où les femmes sont de plus en plus actives et indépendantes ; c'est l'époque où André Courrèges révolutionnera la mode à jamais.

 

André Courrèges ovure sa première maison de couture en 1961, située dans un petit appartement parisien, avenue Kléber, non très loin des Champs-Elysées. Pour se faire, le jeune Français est financièrement soutenu par Balenciaga, maison où il a fait son apprentissage. Dès ses premières collections, André Courrèges rencontre un début de succès. André Courrèges se montre avant-gardiste et conseille aux femmes de porter des jupes et des pantalons ; une annonce qui choque à l'époque. André Courrèges présente une nouvelle collection en 1963, que les journalistes décriront comme "révolutionnaire".

Mais c'est réellement l'année suivante que va s'envoler la maison Courrèges, avec la présentation de la collection printemps-été "The Moon Girl". D'inspiration cosmique, la collection est principalement immaculée, avec des coupes droites aux allures géométriques. André Courrèges le déclare, il veut faire "entrer la lumière dans ses vêtements". C'est à partir de ce moment qu'Emmanuel Ungaro commence à l'assister.

En 1965, la maison Courrèges est à son paroxysme. La nouvelle collection du couturier respire la fraîcheur, avec des lignes géométriques, les fameuses jupes "trapèzes" ainsi que ses tons acidulés. C'est ainsi que née la mini-jupe en France, avec une seule règle imposée : elle doit être coupée "une main au-dessus du genou". Lentement mais sûrmeent, Courrèges raccourcit les longueurs, joue sur les formes et s'amuse des matériaux. Bottes en PVC, lunettes de soleil à fente sans oublier la fameuse "petite robe blanche", les créations de Courrèges fascinent. Twiggy, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve ou encore Françoise Hardy... toutes veulent porter du Courrèges.

Victime de son succès, Courrèges est de plus en plus copiée aux États-Unis, où la marque rencontre un immense succès. C'est pourquoi, en 1965, André Courrèges décide, après sept collection de prêt-à-porter, de stopper l'activité de sa maison de couture. Seulement les créations ne s'arrêtent pas, elles ne font que ralentir. Pendant deux ans, Courrèges dit non aux acheteurs professionnels et à la presse. Seules quelques rares clientes ont le droit de se procurer les dernières créations du couturier, secrètement confectionnés et vendues en petite série. Quelques mois plus tard, Courrèges passe un accord avec L'Oréal afin de lancer une ligne de cosmétiques et de parfums ; un choix stratégique de la part de Courrèges qui augmente grandement son capital. La maison française quitte l'avenue Kléber pour s'installler rue François Ier, dans le 8ème arrondissement de la capitale.

En 1967, la maison Courrèges rouvre ses portes et prend un tout nouveau départ. André Courrèges lance "Couture Future", une ligne de prêt-à-porter féminine et luxueuse. La ligne comprend une quinzaine de modèles, tous déclinés dans plusieurs coloris. Puis, parallèlement, Courrèges lance aussi sa ligne haute couture, intitulée "Prototype" ainsi qu'"Hyperbole", une ligne de prêt-à-porter plus sportswear, lancée en 1971. Les trois nouvelles ligne de prêt-à-porter se mélangent lors des défilés Courrèges, pour ne plus en faire qu'une. Courrèges s'aligne au plan des grandes maisons de couture et voit sa grandeur comparée à celle de Chanel ou Dior par la presse. Seulement lui André Courrèges ne mise pas sur la rectitude du smoking de Saint Laurent ou encore du tailleur strict de Chanel, le couturier mise sur la transparence, le vinyle, le pantalon taille basse, la minijupe, le blanc ou encore les couleurs vives. 

A la fin des années 60, Courrèges enchaîne les collections ("Space Age" ou encore "Egypte") mais garde son même style avant-gardiste et élégant. En 1969, Courrèges fait partie des quelques marques qui habillent Romy Schneider pour son mythique rôle dans le film "La Piscine". Courrèges est en pleine gloire ; la marque compte désormais près de 180 points de vente. La même année, Courrèges lance son premier parfum, "Empreinte", aux notes florales et délicates. Suivant la tendance, Courrèges délaisse doucement son style spatial pour un style plus romantique et fleuri ; dont Cacharel est devenu le symbole ultime. Courrèges présente sa première collection masculine, sobrement intitulée "Courrèges Hommes" ; un parfum au nom similaire sortira en 1977.

Entre temps, Courrèges dessine les tenues officielles des Jeux Olympiques d'été de 1972, les uniformes de la compagnie UTAN 8 ou le design d'un modèle d'une Matra Bagheera présentée lors du Salon de l’automobile de Paris, en 1974. Cette même année, Courrèges ouvre sa première boutique new yorkaise, juste avant de commercialiser "Eau de Courrèges", l'un de ses plus grands succès. A la fin des années 70, Courrèges se diversifie de plus en plus avec un nouveau parfum féminin intitulée "Amerique", une planche à voile ainsi qu'une ligne de vêtements isothermes adaptés spécialement pour.

Malgré des différends judiciaires, Courrèges continue sur sa lancée et commercialise, en 1986, une ligne de prêt-à-porter masculine, exclusivement réservée au marché américain. Une présensation qu'André Courrèges fait à ses clients d'outre-Atlantique, entièrement vêtu de rose, accompagné de sa fille en tant que traductrice. En 1993, André Courrèges recrute Jean-Charles de Castelbajac. Surnommé le "Courrèges des années 70" par WWD, il dessine deux collections pour Courrèges, qui, lui, préfère se concentrer sur son département Courrèges Design. Jean-Charles de Castelbajac quittera la maison de couture l'année suivante. Pendant ce temps, les parfums s'enchaînent comme avec "Sweet" en 1993, "Niagara" en 1995, "Generation" en 1996 puis rapidement "2020".

Puis, peu à peu, Courrèges s'eclipse du devant de la scène du monde de la mode pour disparaître pendant plusieurs années. La famille Courrèges rachète toutes les parts de l'entreprise au groupe japonais qui en détenait, pendant que parallèlement, la fille Marie ouvre un café à côté de la boutique parisienne. Malgré l'abandon de la maison pour la haute couture en 1995, quelques modèles emblématiques des années 1960 sont réédités. En 1997, Paul Deneve est engagé comme directeur général de Courrèges, il y restera cinq ans. En 2002, Courrèges revient à haute couture pour offrir son dernier défilé (la même année que celui d'Yves Saint Laurent).

A cause de comptes déficitaires, Coqueline Courrèges (femme de) décide de vendre la maison. Malgré les sollicitations de LVMH ou encore PPR, Courrèges est finalement vendue à Jacques Bungert et Frédéric Torloting, tous les deux coprésidents de l'agence de publicité Young & Rubicam. Ils déclarent eux-mêmes ne pas être familers avec l'univers de la mode : "Nous ne connaissions pas ce milieu, mais la mode, comme le milieu d’où nous venons, est un territoire créatif." En plus la maison de couture, les deux hommes héritent également de la pensée, du raisonnement et de l'imagination de Courrèges.

Pour les cinquantes ans de Courrèges, en 2011, la marque est relancée grâce aux rééditions de robes trapèzes, de blousons en vinyl, de minijupes ou encore de sacs à main. Grâce à un stock de 25 000 pièces, une boutique en ligne est mise en place. Jacques Bungert et Frédéric Torloting fondent "L'Atelier Design", un atelier permettant de créer divers articles et produits, toujours dans l'esprit de Courrèges. En plus d'introduire la couleur noire aux collections, les deux hommes divisent la marque en deux gammes : "Trésors" pour les pièces reprenant les modèles originaux, et "Essentiels" pour les nouvelles pièces créatives. Un nouveau parfum, intitulé "Blanc de Courrèges", voit le jour, pendant que deux anciens, "Eau de Courrèges" et "Empreinte", se voient réédités.

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